La prévention du risque suicidaire au travail

Près de 800 000 personnes se suicident chaque année à travers le monde, soit une personne toutes les 40 secondes. Le cabinet Psya et ses équipes font face quotidiennement à cette problématique via les services d’accompagnement psychologique et de gestion de crise.

Zoom sur la prévention du risque suicidaire au travail en France, un des défis prioritaires de Psya aux côtés des acteurs de l’entreprise et de l’assurance qui lui font confiance.

Etat des lieux des conduites suicidaires en France

Selon l’OMS, la santé mentale correspond à un état de « complet bien-être (…) et pas seulement une absence de maladie ».L’état des lieux fait du sujet en France sur le sujet présente des chiffres alarmants :

  • 10 500 suicides par an
  • 200 000 tentatives de suicides (chiffres sous-estimés car en lien avec le recensement fait par les urgences hospitalières, or toutes les personnes ne se présentent pas aux urgences)
  • la multiplication par 7 des prescriptions d’antidépresseurs depuis 1980.

Du côté de Psya, il ne se passe pas une semaine sans que les psychologues cliniciens du cabinet, spécialisés en santé mentale au travail, n’aient à procéder à une évaluation du niveau de risque suicidaire auprès d’un appelant qui a composé le numéro vert mis à sa disposition par son employeur ou son assurance.

Liens avec les mutations du travail

Les conduites suicidaires concernent un ensemble de pensées et d’actions qui peuvent relever d’idées noires, d’idées suicidaires, d’une crise suicidaire, d’une tentative de suicide ou du suicide. Le plus souvent, le processus suicidaire trouve une origine multifactorielle pouvant être en lien avec des problématiques personnelles et professionnelles.

Néanmoins, avec plus de 20 ans d’expérience et de recul en accompagnement psychologique, Psya fait le constat que les enjeux actuels en santé mentale au travail sont fortement liés aux mutations du travail.

Les transformations  du travail liées à la révolution numérique et à la nomadisation professionnelle sont génératrices de vulnérabilités et d’instabilités individuelles, nouvelles ou renforcées. L’hyperstimulation, la course à l’hyper-performance, les sur-sollicitations, la porosité des espaces spatio-temporels avec la colonisation de l’espace privé par le travail, sont sources de risques psychosociaux, tels que :

  • difficultés de concentration,
  • saturation cognitive,
  • stress aigu,
  • isolement socio-professionnel et pathologie de la solitude,
  • appauvrissement du lien social,
  • effritement des collectifs et de l’entraide,
  • délitement des modes de coopération…

Les salariés qui recourent à l’écoute et à l’accompagnement psychologique personnalisé que propose Psya évoquent la peur de ne pas avoir les compétences professionnelles requises, la peur de décisions managériales arbitraires, la peur de la précarité sociale, la peur de perdre son emploi. Autant d’interrogations qui ne trouvent que difficilement d’apaisement, surtout lorsqu’elles ne sont pas prises en charge avec l’aide d’un professionnel et qui en s’installant durablement peuvent devenir chroniques et affecter négativement l’état de santé mentale. « Dans une société où l’emploi est devenu à la fois instable et incertain, le déclassement est vécu comme une réalité possible activant certaines peurs », illustre ainsi la sociologue Sophie Le Garrec.

L’importance du soutien psychologique des personnes vulnérables

Face à ces situations de souffrance psychique individuelle, l’une des principales missions  de Psya consiste à accompagner les personnes suivies dans le renforcement de leurs ressources psychologiques et dans le développement de leur capacité à agir et interagir efficacement  au travail. L’objectif  est de rendre la personne actrice de sa situation pour qu’elle sache se protéger du stress aigu, des conflits interpersonnels, de l’usure psychique et du risque suicidaire qui survient lorsque la douleur psychique devient insurmontable et qu’elle déborde les ressources personnelles.

Le travail des psychologues cliniciens de Psya, qui écoutent et soutiennent, est de faciliter l’élaboration de la pensée au travers de la parole. Par leur écoute, ils permettent aux personnes :

  • de prendre de la hauteur par rapport à leur sentiment d’impuissance, d’inutilité ou d’insécurité,
  • de mieux comprendre leurs émotions,
  • d’identifier leurs facteurs de protection,

mais aussi d’accepter de ne pas tout maitriser, de ne pas tout savoir et de ne pas tout pouvoir. C’est cette juste dose de vulnérabilité qui donne envie de découvrir, ressentir et d’expérimenter.

 

 

Sophie Cot-Rascol, Directrice Accompagnement Psychologique, Social & d'Aide à Distance - Psychologue clinicienne

scot-rascol@psya.fr

 
 
 
 
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