Les émotions comme levier de performance en entreprise

L’origine du mot « émotion » signifie : mise en mouvement.

C’est à la fois une réaction psychologique et physiologique. De plus en plus il apparait que la « tête et le cœur » sont reliés.

Dès lors, pourquoi les émotions sont-elles une composante essentielle de notre expérience quotidienne ? Elles nous informent sur la satisfaction de nos besoins. Lorsqu’il y a de la joie à échanger avec un collègue, le besoin de proximité et de connivence est satisfait. Au contraire, quand un besoin de reconnaissance n’est pas comblé, une frustration se fait sentir.

Si les émotions sont les ingrédients, la recette est « l’intelligence émotionnelle » (IE).

Qu’est-ce que l’IE ?

C’est la capacité à identifier, comprendre, exprimer, réguler et utiliser ses émotions et celles d’autrui¹. Elle joue un rôle essentiel en entreprise en influant profondément sur la qualité du lien interpersonnel.

Le concept d’intelligence émotionnelle est apparu avec les psychologues Salovey et Mayer dans les années 90, ce qui en fait un concept relativement récent. De nos jours, les entreprises innovantes s’intéressent de plus en plus à ce concept car elles ont compris que des collaborateurs intelligents émotionnellement sont plus efficients dans leur travail. On ne demande plus seulement un savoir-faire, mais aussi un savoir-être ensemble.

D’après les recherches, les personnes émotionnellement intelligentes ont trois fois moins de risques de burnout, prennent de meilleures décisions que la moyenne, sont capables de repérer très vite les informations clefs, et sont plus motivées et créatives².

Pourquoi l’intelligence émotionnelle favorise la performance ?

Ci-après, ce schéma résume l’intérêt et les impacts de l’IE sur la qualité du travail collectif.

Alors, faut-il exprimer « à tout va » ses émotions ? Les maitres mots sont : flexibilité et adaptation aux contextes. Il n’y a pas de règle préétablie de la conduite à tenir, c’est ce qui en fait une véritable discipline qui se cultive jour après jour. C’est à chacun de s’interroger sur sa manière de vivre ses émotions et de les utiliser à bon escient au travail, pour favoriser le bien-être individuel et relationnel.

Une notion importante dans la régulation des émotions est l’acceptation. On peut apprendre à se laisser traverser par l’émotion et lui faire une juste place : il s’agit d’écouter son message (quel besoin n’est pas satisfait ?) et de la laisser se dissiper en s’engageant dans des actions constructives.

Pour s’entrainer à l’IE, il existe de nombreux exercices, et notamment la « météo intérieure ».Il s’agit de prendre un temps de pause pour respirer, pendant lequel on observe différentes composantes : l’humeur, le niveau de fatigue ou d’énergie, le degré de disponibilité mentale, etc. C’est en quelque sorte une photographie de notre état intérieur.

Le cabinet Psya accompagne ses clients sur les thématiques qui favorisent l’intelligence émotionnelle à travers trois approches : la mindfulness, la psychologie positive et la communication non-violente.

La mindfulness consiste à porter son attention sur le moment présent, les sensations, émotions et pensées. Sa pratique améliore la qualité du dialogue.

De son côté, la psychologie positive est une grande boite à outils, apparue dans les années 2000, qui aide à développer trois axes :

• Etre plus souvent attentif à ce qui est satisfaisant dans son quotidien,

• Cultiver l’intention bienveillante envers soi, autrui et l’environnement,

• S’engager dans des activités de travail qui sont en accord avec ses valeurs.

Enfin, la communication non-violente (CNV), inventée par le psychologue Marshall Rosenberg, est une méthode de communication qui se focalise sur les sentiments et besoins respectifs des personnes. Elle est utile pour développer un dialogue authentique, bienveillant et sincère.

En synthèse, les émotions et le « tableau de bord » qu’est l’intelligence émotionnelle peuvent être des leviers de performances pour l’entreprise. L’IE permet de cultiver la qualité relationnelle, laquelle est au coeur du bien-être et des performances au travail.

 

Robin FIAULT, psychologue clinicien Psya Grand Sud Est

 

1Selon le modèle de Mikolajczak, Quoidbach, Kotsou et Nelis, 2009

² D’après les recherches de Christophe Haag