Les aidants familiaux sont des collaborateurs précieux à préserver

Entretien avec Claudie KULAK, Fondatrice de la Compagnie des Aidants

Comment vous est venue l’idée de créer la Compagnie des aidants ?
J’ai été moi-même aidante -sans le savoir- d’une tante, d’un père atteint d’Alzheimer et d’une mère touchée par un cancer. Le concept d’aidant familial n’existait pas encore. En 2011, j’ai participé à un groupe de réflexion chez le prestataire de services qui s’occupait de ma tante. Et là, j’ai eu une révélation en entendant des personnes témoigner. Je me suis reconnue dans leurs situations personnelles. J’ai alors lancé un projet sur ce sujet qui a été primé au premier forum de l’économie sociale et solidaire des Hauts-de-Seine en 2011. Dans la foulée, j’ai créé la Compagnie des aidants, un réseau pour les aidants familiaux.

Que propose votre association ?
C’est un réseau d’entraide accessible avec une cotisation de 24 euros par an. Notre permettons un échange de bonnes pratiques. Nous accompagnons aussi les aidants qui souhaitent faire une VAE (ndlr : validation des acquis de l’expérience) pour se reconvertir dans les métiers de services à la personne. Notre plateforme propose aussi des modules d’auto-formation sur les bons gestes et une bourse d’échange de matériel d’occasion : fauteuils ergonomiques, déambulateurs…

Depuis peu, vous avez mis en place une caravane « Tous aidants »…
Effectivement, nous installons une caravane sur le parking d’hôpitaux et de grandes surfaces. Des assistantes sociales répondent aux questions des aidants familiaux. Trouver des informations sur leurs droits est une vraie difficulté. En juin prochain, notre caravane fera des étapes à La Roche-sur-Yon, Bordeaux, Marseille, Strasbourg et Paris.

Quelles sont les plus grandes difficultés que rencontrent les aidants familiaux ?
Ils sont très stressés et culpabilisent à l’idée de ne jamais en faire assez. Ils ont évidemment des difficultés pour concilier vie privée et vie professionnelle car 58% d’entre eux travaillent. Un certain nombre d’entre eux arrêtent de travailler, ce qui les place dans une situation de précarité. Dans les 2/3 des cas, ce sont des femmes.

Avez-vous l’impression que les entreprises les accompagnent suffisamment ?
Pour limiter leur absentéisme, certaines entreprises proposent des aménagements du temps de travail et des dons de RTT entre collègues. Mais globalement, les mesures prises sont insuffisantes. Quant au droit du travail, le congé prévu pour les proches aidants n’est pas rémunéré. Les entreprises doivent comprendre que les aidants sont des collaborateurs à préserver.
Ils ont des qualités précieuses de fidélité, d’organisation. Ils savent gérer du personnel et des situations de crise. Elles ont donc tout intérêt à les accompagner pour limiter leur absentéisme et tirer profit de leurs qualités dans le milieu professionnel.

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