Hyperconnexion - Droit à la déconnexion ?

Le phénomène d’hyperconnexion est né avec la généralisation des TIC – les technologies d’information et de communication – un réel progrès dans notre société, sauf que cela a un impact qui peut s’avérer nuisible notamment en milieu professionnel.

Les TIC accélèrent le rythme de travail et induisent à l’évidence une plus grande perméabilité entre la vie professionnelle et la vie personnelle...

pour le meilleur et pour le pire !

Ces outils qui devaient nous faciliter la vie nous posent de nouvelles difficultés, notamment d’hyperconnexion, et l’on constate aujourd’hui leurs effets pervers et la nécessité de les réguler. C’est la raison pour laquelle depuis le 1er janvier 2017, il existe un droit à la déconnexion.

Mais qu’entend-on exactement par « hyperconnexion » ?

Certains parlent de « stress numérique ». Au sein du cabinet Psya, nous définissons l’hyperconnexion comme le « fait d’être sans cesse connecté à son travail par l’intermédiaire des outils numériques - matériels ou virtuels - et aux données professionnelles, y compris en dehors des heures de travail ».

Le principal facteur de risque est la charge mentale.Ce concept issu de la psychologie du travail fait référence aux efforts psychiques fournis par un travailleur pour élaborer une tâche.

Le flux d’information en continu nous amène à être sur-sollicités, ce qui a minima engendre de la fatigue mentale. Mais dans la durée, cela peut générer du stress lié à l’impression d’être dépassé et cela peut même aller jusqu’au burnout dans certains cas.

Vous avez sans doute, comme beaucoup de personnes, le sentiment de pouvoir être multitâche, n’est-ce pas ? Sachez qu’en réalité, c’est une illusion car lorsque vous effectuez plusieurs tâches en même temps qui sollicitent le même canal neuronal - par exemple lorsque vous tenez une conversation en même temps que vous écrivez un mail - votre attention alterne en fait d’une tâche à l’autre, ce qui est extrêmement coûteux sur le plan cognitif en termes de concentration et d’attention… mais également peu productif !

Vous l’aurez compris, l’effet des TIC sur nos cerveaux et nos capacités d’attention est bien réel.

Quelles sont les actions que les entreprises peuvent mettre en place pour tenter de réguler ces situations d’hyperconnexion ?

D’abord, formaliser des règles d’usage raisonné des outils numériques au travers notamment d’une charte de bonnes pratiques.

Ensuite, organiser des actions de sensibilisation et de formation auprès des salariés et de leurs managers pour ancrer ces principes dans les pratiques quotidiennes.

Il faut également repérer les usages abusifs et aborder le sujet avec le(s) collaborateur(s) concerné(s) pour en identifier les causes, rappeler les règles d’usage et leur fondement – il s’agit ici du champ de la prévention de la santé des collaborateurs.

Par ailleurs, il est possible d’évaluer la charge de travail pour réguler les situations de surcharge dans lesquelles l’hyperconnexion peut être un symptôme.

Bien entendu, respecter les temps de repos, éviter au maximum de solliciter un collaborateur en dehors de son temps de travail

Enfin, favoriser le débat en équipe sur le sujet, inciter les collaborateurs à se déconnecter, les responsabiliser, et définir collectivement des règles de bon usage dans l’équipe.

Pour conclure, la déconnexion suppose une vigilance individuelle, certains parlent même de « devoir de déconnexion », et nécessite d’être soutenue par l’entreprise qui est garante de la régulation des pratiques collectives.

Une régulation partagée des usages des TIC en milieu professionnel est une voie prometteuse de prévention de la santé au travail des collaborateurs et d’amélioration de leur qualité de vie au travail.

 

Piérelle BOURSALY, Responsable Audit, Conseil et Formation Psya