Comment le Centre d'Ecoute Psychologique accompagne les individus dans la gestion du stress ?

Le téléphone est un outil permettant d’être directement mis en relation avec un(e) psychologue, sans se déplacer, ni temps d’attente ou prise de rendez-vous. De par cette facilité d’accès, les problématiques rencontrées sur le CEP sont très multiples - burnout, difficultés relationnelles, difficultés face au changement, troubles dépressifs, deuil, pyschotraumatisme, stress/anxiété -, et revêtent parfois d’un caractère d’urgence - crise d’angoisse, crise suicidaire.
C’est au repérage et à la gestion du stress et de ses conséquences que nous nous intéressons dans cet article (nous excluons l’Etat de Stress Aigu et le Syndrome de Stress Post-Traumatique).

Définition du stress

Le stress est défini comme un ensemble de réactions physiques et psychologiques face à un événement. C’est un mécanisme normal et adaptatif. Cependant, il peut parfois dépasser les capacités de contrôle de la personne, et ainsi la mettre en difficulté face à certaines situations qu’elle rencontre.  Nous parlons de stress chronique lorsque la personne fait face à une accumulation ou une répétition de nuisances à laquelle elle ne peut totalement échapper et qui use ses capacités de résistance.
Le stress est un terrain propice à l’apparition de symptômes qui peuvent se chroniciser, et qui sont le signe d’une gêne, d’une souffrance ou d’une détresse psychique. Nous retrouvons par exemple des troubles du sommeil et de l’alimentation, des troubles somatiques (rythme cardiaques, sueurs, problèmes de peau, vertiges, troubles visuels…), des troubles cognitifs (attention, concentration, mémoire), de la fatigue, une perte du contrôle émotionnel (hypersensibilité, irritabilité, troubles relationnels), des signes dépressifs (tristesse, baisse de la motivation, isolement).

Le stress est aussi à l’origine de l’anxiété et de la crise d’angoisse. L’anxiété se définie comme une peur diffuseun stress plus ou moins permanent face à une situation ou à un environnement particulier. Elle a également une fonction adaptative face à un danger potentiel. La crise d’angoisse, quant à elle, est une manifestation aiguë et intense d’inconfort physique et physique, de stress et d’anxiété dépassant les capacités de contrôle de la personne.

Quelles prises en charge par le CEP ?

Tout d’abord, le psychologue effectue un travail d’évaluation de la symptomatologie (intensité-fréquence-durée des symptômes), et un travail de mise en lien entre les symptômes de stress et le vécu subjectif de la personne. En fonction de cette évaluation, des compétences spécifiques de chaque psychologue, de la demande et des droits ouverts de la personne, une proposition de prise en charge est faite : entretien unique, suivi téléphonique, orientation vers un(e) psychologue en libéral. Différents outils thérapeutiques peuvent être utilisés lors d’un suivi téléphonique, comme en témoigne la vignette clinique suivante :

« Elena appelle le service à 2h15 du matin, en pleine crise d’angoisse. Elle a beaucoup de mal à respirer, est prise de tremblements, est submergée par des pensées envahissantes autour de son travail, effrayée à l’idée de retourner travailler le lendemain. Un travail d’apaisement immédiat est enclenché, via une rapide explication des symptômes de la crise d’angoisse (réassurance), puis via un exercice de pleine conscience par la respiration et par l’ancrage corporel, afin de faire retomber la tension. Un rendez-vous téléphonique est fixé trois jours plus tard avec le psychologue.

Lors du rendez-vous fixé, Elena présente le contexte : son collègue, avec qui elle travaille habituellement en binôme, est en arrêt de travail depuis trois semaines pour des raisons de santé. Depuis son absence, Elena voit ses charges de travail augmenter drastiquement, et elle éprouve d’importantes difficultés à s’organiser pour répondre à ces nouveaux besoins. De plus, elle se sent agressée par son supérieur hiérarchique direct, qui doit gérer l’absence de son collaborateur. Enfin, elle appréhende fortement son entretien annuel d’évaluation avec ce supérieur hiérarchique, qui doit se dérouler un mois plus tard.

Depuis deux semaines, Elena a une boule au ventre en allant travailler. Elle se sent fatiguée, à fleur de peau, irritable, a des difficultés à dormir et a moins d’appétit que d’habitude. Sous pression constante, elle rumine autour de sa situation professionnelle et a des difficultés à se détacher de ses pensées. Elle ressent le besoin d’en parler à son supérieur, mais elle n’ose pas car elle se sent constamment sur la défensive à son contact. »

L’évaluation faite par le psychologue permettra d’identifier la multiplication des tâches à effectuer, les éléments agressifs de l’environnement et l’entretien d’évaluation (perçu comme menace potentielle) comme facteurs de stress pour Elena.

Un premier travail autour de la gestion des conséquences directes du stress est mené, notamment par des propositions d’exercices de cohérence cardiaque, de respiration et de relaxation. Parallèlement, un travail sur les sources spécifiques du stress sera fait :

  • dans un premier temps, ce travail portera sur l’entretien annuel d’évaluation grâce à la verbalisation (attentes, enjeux, travail sur les émotions), et  à des techniques de visualisations positives et de flèche descendante (« Qu’est ce qui pourrait arriver de pire lors de cet entretien ? Quelle est la probabilité que cela arrive ? Comment prévenir cela ? » etc…).
  • Puis le travail s’axera autour de la communication non-violente et de l’affirmation de soi, afin qu’Elena puisse communiquer à son supérieur hiérarchique ce qu’elle ressent concernant l’augmentation des charges de travail et les conséquences sur son état de forme actuel. 

Au total, Elena aura bénéficié de cinq entretiens téléphoniques lors de son suivi psychologique.

 

Antoine Lechartier, psychologue clinicien

 

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